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E-MOSAIQUE CINE
Couleurs du temps et de la vie
 

Cinéma . La cinémathèque de Toulouse propose un cycle « France, années soixante-dix ». Patrick Dewaere est emblématique de cette époque d’effervescence.

« Il y a des mecs, ils ont tellement peur de la mort qu’ils finissent par se faire sauter le caisson. » Cette réplique tirée du film de Maurice Dugowson, Lily, aime-moi, prend aujourd’hui une résonance particulière : elle est prononcée par Patrick Dewaere. Il interprétait le personnage d’un boxeur raté, dans ce long métrage de 1974. L’année où le comédien accède à la notoriété. Huit ans plus tard, le 16 juillet 1982, Patrick Dewaere est seul à son domicile parisien. Il s’installe devant un miroir, introduit dans sa bouche le canon d’une carabine 22 long rifle.

Il tire.une existence de saltimbanque

Une expression est souvent employée pour définir Patrick Dewaere : écorché vif. Il est tentant d’écrire qu’il ressemblait aux personnages qu’il incarnait : impulsif et fragile, fantasque et torturé. Catherine Deneuve, qui fut sa partenaire à l’écran, témoigne : « C’était un acteur absolument formidable, mais il était trop près de ses personnages. » Son rôle dans F comme Fairbanks (Maurice Dugowson. 1976) est emblématique, celui d’un jeune chômeur déjanté qui s’identifie à Douglas Fairbanks, héros intrépide des productions hollywoodiennes. La comédie vire peu à peu au drame.

Patrick Dewaere s’appelait en réalité Patrick Bourdeau. Il tient son premier rôle en 1951, à l’âge de quatre ans, dans le film d’Henri Diamant-Berger, Monsieur Fabre. Tout au long de l’enfance et de l’adolescence, il multiplie les apparitions dans des feuilletons télé ou pièces de théâtre. Il porte le pseudo de Patrick Maurin : sa mère est la comédienne Mado Maurin. Ses cinq frères et soeurs sont eux aussi acteurs. À dix-sept ans, il apprend que son père n’est pas son père. Le jeune Patrick n’envisage pas d’autre existence que celle de saltimbanque.

 Il se révèle plus à l’aise sur les planches de théâtre que sur les bancs de l’école - il échoue trois fois au bac. À vingt ans, en conflit avec sa famille, « la bande Maurin », le jeune comédien change de pseudo, devient Patrick Dewaere - une des ses arrière-grands-mères s’appelait Devaere.1968 est, pour Patrick Dewaere aussi, une année importante. Il fait la connaissance de Romain Bouteille et de l’équipe du Café de la Gare, formidable vivier d’acteurs. Sur la scène de ce café-théâtre, où on démolit joyeusement l’ordre bourgeois, il rencontre Miou-Miou, Gérard Depardieu, Coluche… Ces acteurs venus du café-théâtre vont donner un nouveau souffle au cinéma français.

En 1974, Bertrand Blier réunit Miou-Miou, Patrick Dewaere et Gérard Depardieu pour former le trio des Valseuses : ce film - un coup de tonnerre dans le cinéma hexagonal - relate l’équipée de deux zonards rebelles et d’une jeune femme paumée. La distinction et le bon goût bourgeois sont totalement bannis de cette vigoureuse charge menée par Bertrand Blier.

la fin des folles années soixante-dix

Dès lors, Patrick Dewaere devient l’un des acteurs français les plus recherchés. Dans la Meilleure Façon de marcher (1975), de Claude Miller, il campe un moniteur de colonie de vacances, qui devient agressif et tyrannique pour mieux se cacher le trouble produit par l’homosexualité supposée d’un de ses collègues.

En 1979, il interprète un VRP douteux dans Série noire, un film sombre, comme l’indique le titre, d’Alain Corneau. En 1980, il est Un mauvais fils dans cette oeuvre de Claude Sautet. La même année, Patrick Dewaere fait parler de lui pour avoir asséné un violent coup de poing à un journaliste qui avait dévoilé le prochain mariage de l’acteur. Fait rarissime, la plupart des médias vont alors boycotter Patrick Dewaere.André Téchiné fait appel à lui en 1981 pour donner la réplique à Catherine Deneuve dans Hôtel des Amériques : une opposition de styles réussie, au service d’une oeuvre grave.

Ses succès à l’écran, la reconnaissance de ses capacités d’acteur, ne stabilisent pas Patrick Dewaere. Son suicide en 1982, même s’il est lié à sa vie privée, semble signifier que les folles années soixante-dix, et leurs promesses d’un monde meilleur, sont bel et bien terminées.Jusqu’au 28 novembre.

www.lacinemathequedetoulouse.com

ou 05 62 30 30 11.

Bruno Vincens (l'Humanité) 




Décès de l'acteur français Jean-Pierre CasselL'acteur français Jean-Pierre Cassel, révélé par les comédies de Philippe de Broca dans les années 1960 et amoureux de comédie musicale, est décédé jeudi à Paris, à l'âge de 74 ans des suites d'une longue maladie, a annoncé vendredi dans un communiqué son entourage.

Né le 27 octobre 1932 à Paris sous le nom de Jean-Pierre Crochon, Jean-Pierre Cassel, fils d'un médecin et d'une chanteuse d'opéra et père de l'acteur Vincent Cassel, a été découvert par Gene Kelly avant de briller dans les comédies de Philippe de Broca dans les années 1960 (Les jeux de l'amour, Le farceur).

Il est devenu après le mariage de son fils Vincent le beau-père de l'actrice italienne Monica Bellucci.

Amateur de music hall, passionné de comédie musicale, Jean-Pierre Cassel avait aussi tourné avec les plus grands cinéastes, qui lui confiaient souvent des rôles de séducteur, de Renoir (Le Caporal épinglé) à Bunuel, en passant par Chabrol, Clair, Losey, Melville ou encore Altman.

Mêlant à merveille séduction et ironie, il a laissé son empreinte sur des films des années 60 et 70, tels que L'Armée des ombres de Melville ou Le Charme discret de la bourgeoisie de Buñuel.

Dans les années 80 et 90, il s'est fait moins présent au cinéma, lui préférant la télévision et le théâtre.

Ces dernières semaines, il était à l'affiche du premier film réalisé par le comédien Roschdy Zem, Mauvaise foi.

 

VOIR SA BIOGRAPHIE AVEC COMMEAUCINEMA.COM




Inoubliable Cid, merveilleux Prince de Hambourg. Généreux, beau, talentueux, enthousiaste, ardent, entré dans le Panthéon des éternellement jeunes, l'incomparable Gérard Philipe nous a quittés à 37 ans, emporté par un cancer du foie, en laissant un vide, un très grand vide au cinéma et au théâtre français.
Il avait modifié son nom en ajoutant un "e" de façon à ce que le total des lettres formant ses nom et prénom soit de 13... un chiffre porte-bonheur, disait-il.
Gérard était le fils cadet d'un avocat opposé à ce qu'il fisse du cinéma et c'est sa mère, qui fut toujours sa complice, sa confidente et son amie qui, discrètement, l'aida à passer une audition devant Marc Allégret.
Avant cela, il avait suivi des cours de comédies à Nice dispensés par l'excellent Jean Wall.
En 1942, il vient d'avoir vingt ans, il est engagé par Claude Dauphin, alors en zone libre avec sa compagnie, pour jouer Une grande fille toute simple d'André Roussin avec Madeleine Robinson comme partenaire.
Il s'impose d'emblée et chacun reconnaît son exceptionnel talent.
Il présageait déjà le grand comédien qu'il allait devenir et on l'engage aussitôt pour Une jeune fille savait d'André Haguet.

En automne 1943, Paris émerveillé le découvre dans l'ange de Sodome et Gomorrhe de Jean Giraudoux.

Puis, c'est Caligula d'Albert Camus, futur Prix Nobel.
Au cinéma, la révélation vient avec L'idiot qu'il tourne aux côtés d'une Edwige Feuillère subjuguée par tant de talent.
Puis c'est Le diable au corps où il incarne François, le jeune et scandaleux héros de Raymond Radiguet, rôle pour lequel il reçoit un grand prix d'interprétation à Bruxelles.
A partir de là, chacun de ses films pratiquement sans exception, est marqué d'une empreinte de plus en plus puissante.
Que ce soit pour le méconnu Monsieur Ripois, mal accueilli par la presse (sans doute parce que Gérard y incarne un antihéros, un séducteur de pacotille) comme pour La fièvre monte à El Pao, son dernier film.

Et entre-temps : Les orgueilleux où il interprète un médecin français, déchu et alcoolique, échoué à Alvarado, un petit port perdu du Mexique, Le rouge et le noir en présomptueux Julien Sorel, Les grandes manœuvres dans lequel il personnifie un élégant et séduisant lieutenant du 33me Dragon, etc.
Sans oublier, bien sûr, le merveilleux, le bondissant, le frondeur Fanfan-la-Tulipe de Christian-Jaque qui, projeté et admiré dans le monde entier, l'amène à récidiver cinq ans plus tard, des deux côtés de la caméra cette fois, avec Les aventures de Till l'Espiègle. Ce film est une fidèle transposition de l'œuvre du belge Charles De Coster et Gérard qui portait ce projet depuis de longues années, s'y investit totalement, passionnément.
Le cinéaste néerlandais Joris Ivens l'aide à sa réalisation. Hélas, le film ne connaîtra qu'un simple succès d'estime.

Et le théâtre ?
Que dire de l'aventure du Théâtre National Populaire où il électrisa tant de foules de spectateurs dans la cour du Palais des Papes à Avignon ?
Merveilleux interprète du Cid et du Prince de Hombourg déjà cités, mais aussi de Lorenzaccio, de Ruy Blas où il est l'amoureux romantique idéal de la reine d'Espagne, des Caprices de Marianne qu'il joue aux côtés de Geneviève Page, de On ne badine pas avec l'amour d'Alfred de Musset, etc.

Athée et de gauche, il était un comédien engagé.
Il a pris part à la libération de Paris, a fait partie du Conseil National du Mouvement de la Paix et a été un très actif président du Syndicat des Acteurs.
Sa femme, Nicole Fourcade, une ethnologue, qu'il rebaptisa Anne parce qu'il trouvait ce prénom plus poétique, lui consacra un livre bouleversant, "Le temps d'un soupir", dans lequel elle relate, avec beaucoup d'émotion et de pudeur, les dernières heures de son époux. Ils ont eu un fils, Olivier, et une fille, Anne-Marie, laquelle est devenue une excellente comédienne en choisissant les chemins les plus difficiles, sans se servir du nom de son père, ce que celui-ci, d'une intégrité totale, n'aurait pu qu'apprécier...

Gérard Philipe repose dans son costume du Cid au petit cimetière de Ramatuelle où beaucoup de personnes viennent se recueillir. Sa tombe est des plus modestes, à l'image même du sympathique comédien qu'il était.

Voir une biographie plus complète sur E-Mosaïque





C 'était un des acteurs les plus populaires du cinéma français. Philippe Noiret est décédé jeudi à 76 ans des suites d'une longue maladie. L'acteur de fétiche de Bertrand Tavernier avait obtenu deux César d'interprétation masculine, en 1976 dans "Le vieux fusil" (Robert Enrico) et en 1990 pour "La vie et rien d'autre" (Tavernier). Noiret aura aussi formé des couples mythiques avec Catherine Deneuve, Romy Schneider et Simone Signoret.
Il laisse derrière lui une immense carrière de quelque 125 films, et de très nombreuses pièces de théâtre. Il restera comme l'un des monuments du cinéma français.

La biographie complète de Philippe Noiret avec Commeaucinéma.com


L'actrice française Annie Girardot a annoncé  qu'elle était atteinte par la maladie d'Alzheimer. Ce n'est pas si courant qu'une personnalité accepte de révéler qu'elle souffre d'une maladie aussi grave. Alzheimer touche 25 millions de personnes dans le monde et 860.000 en France.

L'annonce est émouvante. L'actrice française Annie Girardot a révélé dans Paris-Match qu'elle était atteinte de la maladie d'Alzheimer depuis 3 ans.

 A 75 ans, cette figure du cinéma français a tourné récemment dans "Le temps de porte-plumes", de Daniel Duval et a encore plein de projets en tête. Elle voudrait sortir un DVD intitulé "Succès et confidences" et doit tourner un téléfilm de huit épisodes "Les Brasseurs d'affaires".
 
Concernant sa maladie, Annie Girardot se dit très entourée par sa famille. Elle vit bien et s'est dotée d'un coach personnel. Elle sait parfaitement ses textes et revit dès que la caméra tourne. Annie Girardot et ses proches ont choisi de rendre publique la maladie de l'actrice pour dédramatiser et essayer de déchirer le rideau de terreur qui entoure Alzheimer.
 
(voir sur E-Mosaïque – Miroir notre dossier sur la maladie Alzheimer)

"Article, Europe 1 d'après AFP, biographie suivante Comme au Cinéma.com"

Annie Girardot est née le 25 octobre 1931 à Paris.
Elle a d'abord suivi des études d'infirmière à Caen jusqu’à ce qu’elle se découvre une véritable vocation pour la comédie. Elle intègre ainsi l'école de la Rue Blanche, puis le Conservatoire - d'où elle sort avec un double premier prix ! Elle entre à la Comédie Française en 1954, et la quitte en 1957 pour se consacrer au cinéma.

Ses débuts se font avec Treize à Table d'André Hunebelle, et elle obtient son premier grand rôle au cinéma dans Rocco Et Ses Freres, où elle joue une prostituée et partage la vedette avec Alain Delon.
1962 marque un tournant dans sa vie privée, elle épouse l'acteur italien Renato Salvatori en et donne naissance à sa fille Guilia le 5 juillet. Dès lors, elle mène une double carrière en France et en Italie (Le Gitan, de José Giovanni).

Annie Girardot a reçu moult récompenses tout au long de sa prolifique carrière.
Elle reçoit le prix d'interprétation du Festival de Venise en 1965, pour Trois Chambres à Manhattan de Marcel Carné. Elle a également reçu le César de la Meilleure Actrice pour Docteur Francoise Gailland, deux César du Meilleur Second Rôle Féminin pour Les Misérables (1996) et pour La Pianiste(2002), un Molière de la Meilleure Comédienne 2002 pour Madame Marguerite et un Molière d'Honneur la même année.

En 2005, elle est à l’affiche de Je Préfère Qu'On Reste Amis aux côtés de Gérard Depardieu et de Jean-Paul Rouve, et de Caché de Michael Haneke présenté en sélection officielle au festival de Cannes 2005.
En 2006, elle donne à nouveau la réplique à Jean-Paul Rouve et Anne Brochet dans Le Temps Des Porte-plumes. Le 20 septembre 2006, son avocat Maître Emmanuel Asmar annonce à la presse que l’actrice, âgée de 74 ans, est atteinte de la maladie d’Alzheimer.




 
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2006-09-10 20:00:14
 
Dernière mise à jour
2012-01-09 14:07:49
 
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